19 octobre 2020

Communiqué de la Fédération nationale des Francas.

 

Vendredi 16 octobre, veille des vacances scolaires, un professeur d’histoire géographie est mort,
assassiné, après avoir montré des caricatures à ses élèves dans le cadre d’un cours d’éducation morale
et civique. Il est mort dans l’exercice de son métier. Il est mort parce que sa liberté pédagogique a été
remise en cause, parce que les faits qui se sont passés dans la classe ont été déformés, parce qu’une
campagne de diffamation a été menée sur les réseaux sociaux, parce que cette campagne a été
orchestrée et instrumentalisée, et enfin parce qu’un jeune radicalisé alimenté de cet enchaînement
est passé à l’acte. La justice devra déterminer l’ensemble des responsabilités

 Nous Francas, en tant qu’acteurs de la communauté éducative, militant.es de l’éducation populaire,
citoyen.nes, sommes bouleversés et particulièrement concernés par ces événements.
Parce que nous agissons toute l’année dans les espaces éducatifs en mettant en vie les valeurs de
laïcité, de solidarité, de fraternité.
Parce que nous menons chaque jour des actions pour aider les enfants, les adolescent.es à comprendre
par eux-mêmes, à argumenter, à exprimer leurs idées, à distinguer les faits des croyances, à
développer leur esprit critique.
Parce que nous développons des actions d’éducation aux médias et à l’information, de sensibilisation
à l’usage des réseaux sociaux pour permettre aux enfants et aux adolescent.es de mieux maîtriser leur
environnement numérique et les différents registres de l’information, notamment en leur proposant
une posture d’acteurs plutôt que d’auditeurs passifs.
Parce que nous sommes présents aux côtés des enseignant.es, avec et dans l’école, que nous
partageons les mêmes difficultés dans les échanges avec des enfants ou des adolescent.es en
construction de repères, que nous pouvons agir comme médiateurs dans la relation avec des parents.

Nous sommes en période de vacances scolaires, des enfants sont accueillis dans les centres de loisirs,
des adolescent.es dans des espaces jeunes, des jeunes volontaires formés dans des stages Bafa ou
Bafd. Les animateurs et animatrices, les formateurs et formatrices sont donc en première ligne
confrontés à la tâche délicate d’écouter, d’entendre, de permettre l’expression en général et les
expressions des émotions en particulier, de trouver les bons mots pour y répondre, d’expliquer en quoi
ce qui s’est passé est particulièrement grave, de démêler le vrai du faux, d’aider à décrypter les faits
et les processus à l’œuvre, de rassurer…

Aujourd’hui, au-delà de l’indignation, de l’émotion, de la colère, en tant que membres de la
communauté éducative, les Francas se mobilisent avec les enseignant.es, les personnels d’éducation,
les parents, mais également les animateurs et animatrices, les formateurs et formatrices, qui
défendent et font vivre quotidiennement les valeurs républicaines au plus près des enfants, des
adolescent.es et des jeunes.
Contact presse :
Sylvie Rab – attachée à la délégation générale srab@francas.asso.fr 06 74 98 78 35

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